Le théâtre

Lieux

La Tarentule est hébergée dans un vieil immeuble datant du début du XXe siècle. Elle occupe le premier et le deuxième sous-sol du bâtiment (théâtre, hall d’accueil et foyer-bar). D’autres locaux – entrepôt, administration et loges – sont situés au rez-de-chaussée de l’immeuble.

Le bâtiment est sis sur un coteau, à la jonction de deux rues en plein centre du village de Saint-Aubin. Le théâtre est hébergé dans un vieil immeuble datant du début du XXe siècle. Il occupe le premier et le deuxième sous-sol du bâtiment. L’entrée du centre culturel, ses deux scènes et son foyer-bar (anciennes caves à vin) sont en partie taillés dans le rocher. Cette particularité architecturale donne aux lieux un cachet étonnant. Une large voûte sépare la salle principale de la scène et cadre ainsi de manière peu conventionnelle l’espace de jeu. La salle est en gradin et la visibilité sur scène est bonne quelle que soit la place occupée.

Le foyer-bar du théâtre fonctionne comme salle de spectacle secondaire. En raison du plafond voûté, l’acoustique du lieu est excellente. Dans cette salle, nous programmons de préférence des concerts. Avant les spectacles et à l’issue de toutes les représentations, le foyer-bar du théâtre est ouvert (lieu sans fumée). Nous vous y accueillons avec plaisir.

Tous nos locaux sont accessibles pour les personnes à mobilité réduite.

Historique — de la création du théâtre au cinquantième anniversaire

Dès 1955, le groupe des Baladins (Gil et André Oswald, Jacques et Yvonne Devenoges, Majo Denis et Marlyse Gurtner, jeunes personnes issues du scoutisme) monte des spectacles de chanson et de pantomime. Ces jeunes prennent ensemble des cours de théâtre chez Tibor Denès, metteur en scène hongrois réfugié à Neuchâtel. Puis, ayant gagné avec leurs spectacles de quoi équiper techniquement un local, ils ouvrent une salle au Chemin de Bayard à St-Aubin, le 10 février 1962. Ils adoptent alors le nom de La Tarentule.

La compagnie monte d’abord des récitals poétiques et des textes d’humour comme la parodie de western d’Yves Robert Terror of Oklahoma (1962). Elle donne aussi une pantomime, Les Â es de la vie (1963), ou des farces, comme L’Ours de Tchékhov (1962). Elle présente ensuite des textes contemporains, notamment Pique-nique en campagne d’Arrabal (1963), Le Couteau de Jacques Perret (1966), Les Bâtisseurs d’empire de Boris Vian (1967), Le Gris ou la Pierre de Michel Viala (1968). Elle monte aussi des pièces écrites par des membres de la troupe: Fleur bleue de Gil Oswald (1963), Le Masque ou une nuit douce de Jean Huguenin (1963). L’artiste peintre Armande Oswald dessine les costumes, les affiches et les programmes, puis rejoint la troupe en tant que comédienne.

En 1969, la compagnie joue sa première création collective, Multipack. Elle est invitée à se produire dans de nombreuses salles de Suisse romande, par l’entremise du Cartel des petites salles, dont La Tarentule fait partie. Dès 1971, La Tarentule touche une subvention du canton et présente un programme de saison étoffé. Elle organise le 1er Festival du Cartel des petites salles (1974), puis crée Le Montreur de Zaïk, alias Agota Kristof (1977). Ce spectacle sera présenté également en plein air, dans la forêt des hauts de Gorgier.

En 1974, une troupe de jeunes comédiens est créée, encadrée par Jacques Devenoges, qui va présenter son premier spectacle en 1975, Métronhomme. En 1975, l’immeuble où La Tarentule a tissé sa toile est mis en vente. Une fondation est constituée; elle rachète et administre le bâtiment, qui devient un véritable centre culturel.

En 1979, une nouvelle équipe prend en main la direction du centre. Au cours des années suivantes, La Tarentule monte des œuvres comme Le Ping-Pong d’Arthur Adamov (1981), La Chevauchée sur le lac de Constance de Peter Handke (1981), Le Fauteuil à bascule de Jean-Claude Brisville (1985), Le Vrai monde de Michel Tremblay (1994). Elle crée plusieurs pièces d’auteurs suisses: notamment Coup de théâtre de Michel Bory (1996), L’Antichambre du Crapaud de Nicolas Couchepin et Un Challenge de Michel Bühler (2000), Les Figurants de Patrice de Montmollin (2003).

À l’occasion du cinquantième anniversaire du théâtre, en 2012, La Tarentule a reformé deux troupes: un groupe de jeunes comédiens et un autre de comédiens expérimentés. Ces deux troupes ont présenté leurs créations en 2013: Lunatic, une comédie dramatique inspirée par des textes d’auteurs divers, Abel Neves, Jean-Pierre Canet, Noëlle Renaude et Samuel Beckett, et une Maison comme dans les livres, un montage joué sur trois scènes et en appartement, sur des textes de Christian Rullier, Anton Tchekhov, Jacques Rebotier et Jean Tardieu.

Un nom bien étrange…

…pour un lieu comme le nôtre !

La petite histoire prétend que le nombre dʼaraignées présentes dans la cave que les Baladins investirent en 1962 était si important que le nom Tarentule sʼimposa de lui-même.

En souriant, Jacques Devenoges disait plutôt: «La morsure de la tarentule passait jadis pour produire une grande excitation nerveuse, un état de vive agitation. Lorsque quelqu’un était piqué par une tarentule, il était brusquement pris de soubresauts imprévisibles. Au sens figuré: « être mordu de la tarentule » signifiait être animé par quelque vive passion, éprouver un engouement irrépressible.»

La Tarentule, c’est donc la passion du théâtre…

Le « tarentisme » ou « tarentulisme » est une maladie qui sévissait près de la ville de Tarente dans la région des Pouilles, au sud de l’Italie, du XVe au XVIIe siècle. La morsure de la tarentule était supposée plonger sa victime dans un profond état léthargique qui conduisait à la mort. Le seul remède connu était d’organiser des danses très rapides, auxquelles participait tout le village, afin de dissiper les effets du venin.

La célèbre danse de la tarentelle tire son origine traditionnelle de cette croyance ancestrale. Au cours du XVIIe siècle, la religion interdisait la danse et la musique. L’invention de la « thérapie de groupe » mentionnée ci-dessus permettait ainsi de s’adonner à la fête en contournant les interdits.

La Tarentule, c’est donc la passion du théâtre mise au service de la communauté: sortir les gens de leur torpeur et, par la magie du jeu et de la fête, leur donner le goût de vivre, de se rencontrer.

«Ce que nous attendons tous du théâtre, c'est la révélation de cet autre qui gît au plus profond de nous-mêmes, plus nous-mêmes que nous-mêmes et cependant inconnu. Et c'est cet inconnu qui veut sans cesse dépasser ses frontières personnelles, crever l'opacité de cette carapace qui nous sépare du monde.»

Laurent Terzieff

La Tarentule
Centre culturel de la Béroche
Chemin de Bayard
2024 St-Aubin (NE)
Suisse

La Tarentule
Centre culturel de la Béroche
Case postale 359
2024 St-Aubin (NE)
Suisse